Le 17 février 2018

Dool : « Here Now, There Then »

Dool Here Now There Then

Dool : Here Now There Then

La première question que je me suis posée lors de l’écoute de ce « Here Now, There Then », c’est de savoir où et comment cataloguer le style servi par ce groupe de Rotterdam. Goth Rock, Dark Rock ? Rock Psyché Sombre ou progressif ?

Et surtout Alanis Morissette est-elle devenue gothique ?

Après quelques titres, restant silencieux  afin de bien apprécier l’effet, la réponse est vite venue : « on s’en tape non ? »

 

Délicat mais jamais sirupeux

Formation née de membres de « the Devil’s Blood »  et « Gold », mais également conduite par la charismatique Ryanne Van Dorst (celle-ci ayant officié également sous le pseudonyme « Elle Bandita »). Le groupe Dool distille sa noirceur depuis 2015 et nous livre donc cet album à la pochette tout en contrastes.

Ce qui frappe dans un premier temps sur ce « Here Now, There Then »,  c’est la multiplicité des performances vocales de la chanteuse / guitariste Ryanne van Dorst. Tantôt à l’aise dans un registre grave, profond et presque monocorde, puis usant à d’autres moments d’un timbre rocailleux et énergique. On la découvre également plus subtile lors de passages fluets et parsemés avec délicatesse (en particulier sur la ligne de chant de « Words On Paper »).

Le temps de quelques titres, on passe de sonorités comparables à PJ Harvey, Janis Joplin ou Heather Nova, à des lignes de chants rappelant plutôt Faith and the Muse (notamment sur « Oweynagat »).

En l’absence de lumière, les ténèbres prévalent

Dool, mot hollandais signifiant «Exil ». Tout pourrait être dit tant l’album semble être issu d’une introspection lancinante, ou d’une forme d’errance.

Du noir oui, il en est question, aucun doute, que ce soit concernant les mélodies ou les paroles. Mais là où beaucoup tombent dans le piège de la surenchère morbide, le groupe sait osciller entre noirceur hermétique pop, accélérations maîtrisées, leitmotivs cycliques et rythmes lancinants.

Pour exemple, la ligne d’introduction de « In Her Darkest Hour » qu’on pourrait penser avoir déjà entendue tant elle touche à la comptine malsaine, fait mouche et revient au fur et à mesure du morceau appuyer encore l’atmosphère étrange.

On pourra également s’imprégner de la lourdeur triste de  « Vantablack », alternant les notes plus douces et les guitares criardes. De quoi inspirer les disciples de My Dying Bride.

Mention spéciale pour le très seventies « Golden Serpents », qui dénote par moment avec la noirceur globale, mais pour mieux y revenir la minute suivante.

Alors comment décrire cet album ? Sombre, ésotérique, psychédélique par moment mais sans perdre de vue une mélancolie planante faisant parfois penser à certains des meilleurs titres de Tiamat.

Découvrez Dool en concert au Grillen de Colmar

Un groupe qui a su réconcilier une sorte d’obscurité musicale, avec des sonorités rock travaillées et émaciées. Alors oui, un rock sombre, sensible et féminin, que ce soit dit, mais qui tranche surtout avec pas mal de préjugés et de stéréotypes déjà entendus un millier de fois.

Pour vous faire une idée plus précise, allez donc jeter un œil sur le superbe clip de « The Alpha »,  qui rajoute encore à l’ambiance ésotérique et magnétique de l’ensemble. Ou encore le plus rock et syncopé « Oweynagat ».

Alors ? Héritiers de Pink floyd ou de Type O Negative ? Faites vous votre idée, mais j’aurais tendance à dire ni l’un, ni l’autre. On touche à un groupe qui sait s’inspirer de divers courants et en tirer ce qu’il y à de meilleur, tout en y apportant sa personnalité.