Le 9 mars 2018

Chronique concert : Exarsis, Terrorizer et Nile

Il y a peu, le Grillen accueillait sous la bannière Headbang trois groupes afin de secouer le public venu assister à ce qui promettait d’être un moment d’anthologie. Et c’est Jules Thomann qui nous fait ici le plaisir de retranscrire le temps d’un live report, cette soirée placée sous le signe du brutal, du violent et de l’Egypte.

Nile et Terrorizer au Grillen

Nile et Terrorizer au Grillen

Violent moment with smart people

Le 24 février dernier, le Grillen se retrouvait sous l’assaut de la tournée « What Should Not Be Unearthed – Europe part III » composée des divisions Exarsis, Terrorizer et Nile ; orchestrée et dirigée par Headbang.

Ce sont aux thrashers Grecs d’Exarsis qu’est confié la tâche d’attaquer en premier. Après une approche furtive sur la délicate introduction acoustique « AnnihiliationProceed ! », les bougres ne font pas de quartiers, et enchaînent sur « Surveillance Society », extraits tout deux de « The Brutal Slate », sorti en 2013. Le jeune quintet est survolté sur scène et nous rappelle quelque peu Bio-Cancer, leurs compatriotes venus ouvrir pour Marduk en 2015, jouant en plus de cela un thrash assez similaire, rappelant également Violator par moments.

Le public sera gratifié de quelques extraits de « New War Order », dernier né de la bande avec notamment le dynamique « General Guidance ». Une bonne mise en bouche pour la suite de la soirée.

Terrorizer entre à présent en scène, armé du légendaire Pete « Commando » Sandoval, considéré par bon nombre de fans comme le père fondateur du blast-beat (Technique de batterie consistant à une superposition de doubles-croches jouées à la main et au pied, généralement à tempo élevé), pour déverser son mélange subtil de grindcore et de death metal, tout cela dans la plus grande tradition old-school.

Un cocktail explosif donc que le trio nous sert par le biais riffs de riffs acérés et groovy, presque punk/ hardcore par moments (L’influence des premiers Napalm Death n’étant jamais bien loin), et de rythmiques lourdes et écrasantes, bien mises en avant par le son gras et vrombissant de la basse de Sam Molina. Étonnamment c’est le premier album « World Downfall » qui sera le plus mis en avant ce soir avec pas moins de onze (!) extraits joués ce soir, dont les classiques tels que « Fear Of Napalm », « World Downfall », ou encore « After World Obliteration ». C’est donc sur un champ de bataille en ruine, sur une ambiance post apocalyptique et après une prestation remarquable de sieur Sandoval (Du haut de ses 54 ans, respect) et ses comparses que l’offensive finale va débuter.

Terrorizer : Le vert vous va si bien

Terrorizer : Le vert vous va si bien

Nile : Puissance maîtrisée

Nile : Puissance maîtrisée

En effet, il est maintenant l’heure de faire place au quatuor Américain de Nile, fraîchement pourvu d’un nouveau line-up plus « jeune ». C’est parti pour plus d’une heure de légendes et mythes Égyptiens (Oscillants entre les terres arides et les bords fertile du Nile) que vont nous compter les techniciens.

Et encore le mot technicien est bien faible pour décrire le niveau de maîtrise que les musiciens ont acquit sur leurs instruments.

Notamment pour ce qui est du jeu de batterie de George Kollias qui est juste effarant : il est d’une précision et d’une force de frappe sur ses fûts qui frôlent le chirurgical, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le rendu n’est pas absolument ressenti comme le jeu d’une boîte à rythme, bien au contraire, le groove est présent sur chaque mesure. Rajoutez à cela le fait d’endurer un jeu aussi intense sur plus d’une heure et vous obtenez un résultat à la limite de l’effrayant tant l’ensemble paraît inhumain à être joué de la sorte.

Ses compagnons ne sont pas en reste et assurent eux aussi bien des prouesses sur les manches de leur guitares/ basses, que ce soit au niveau des différentes rythmiques ou autres soli traversés de nombreux sweeps et tremolo pickings, le tout relevé par les growls caverneux de chacun d’entre eux.

Le côté exotique et oriental ne se fait pas uniquement remarquer dans les textes mais aussi dans les ambiances qui se dégagent de la musique du groupe, le tout assaisonné par quelques discrets mais néanmoins efficaces samples d’instruments traditionnels placé judicieusement à droite à gauche sur les compos. Après une bonne heure de set passée bien trop rapidement c’est déjà l’heure des au-revoir et c’est en beauté que nous laisseront les ricains sur le désormais cultissime « Black Seeds Of Vengeance ».

Tracklist Nile

Tracklist Nile

Photos du concert par Erika et Thomas Rossi

A revoir absolument.