Le 14 mars 2018

Chronique concert : Dool et Harakiri For The Sky

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Dool et Harakiri for the Sky au Grillen

Nouvel exercice de style pour Headbang avec ce concert sombre et atmosphérique de Dool et Harakiri For The Sky, petite piqûre de rappel avec Jules Thomann qui nous fait revivre cette soirée.

Mercredi 7 mars, Headbang conviait une nouvelle fois ses fans au Grillen, pour une soirée plus douce et « posée » qu’à l’accoutumée. En effet, ce sera ce soir le « Elate / Elevate Tour » des Néerlandais de Dool qui sera mis à l’honneur, regroupant évidemment ces derniers, ainsi que les Autrichiens d’Harakiri For The Sky, pour une soirée d’émotions et de noirceur.

Oraison funèbre avec Harakiri For The Sky

C’est au jeune quintet d’ouvrir le bal funèbre sur « Heroin Waltz », avec leur black metal dépressif collant parfaitement au thème de la soirée. Immédiatement, une ambiance froide et triste (Notamment due à l’utilisation constante de nappes de lumière bleue) vient s’immiscer au beau milieu de la salle et des machines à fumée sur scène, l’ensemble étant tantôt illuminé par quelques petits passages plus « joyeux » voir carrément influencé folk (On pense à Saor) pour certains. Le set fait la part belle aux nouveaux morceaux du dernier né d’Harakiri For The Sky, « Arson », sorti en février dernier, dont trois extraits seront joué, offrant un bel aperçu du produit.

Scéniquement, les grands gaillards composant la formation sont à l’image de leur musique, grandiloquents et volatiles, tout en étant subtilement accordés aux moindres changement de notes, rythmes et tonalités ; plutôt nombreux dans les morceaux à tiroirs proposés ce soir (Malgré une ligne directrice plus lancinante et aérienne) qui rappellera probablement à certains les dernières expérimentations de Lantlôs.

Harakiri For The Sky

Harakiri For The Sky

Pour ce qui est d’un point de vue technique, le combo bénéficie d’un lightshow aux petits oignons, agrémenté d’un son plus que correct auquel on pourrait éventuellement reprocher un léger trop plein de basses (Mais qui n’entrave en rien la prestation du groupe). Une heure de jeu qui sera malheureusement bien trop courte avant de faire place à Dool.

All those who wander are DOOL

Quelques nuages de fumée et quelques nouvelles lumières bleues plus tard, les Hollandais montent donc sur scène déverser leur rock sombre sur l’assemblée. Leur musique se situant quelque part entre la naïveté de Jefferson Airplane, l’occultisme de Coven et la noirceur (Entendez par là l’utilisation de tonalités « malsaines »/ dissonantes, pas un style musical) de Watain, ce qui s’apparente à l’écrit à un ovni inécoutable se révèle très catchy et abordable pour un auditeur n’étant pas un grand initié, en témoignent les nombreuses personnes semblant en « transe » tout au long du show.

Ryanne Van Dorst

Ryanne Van Dorst

Les trois guitares dont se servent les musiciens leur confèrent un son tranchant, puissant et une possibilité d’harmonisation assez remarquable pour être soulignée, qui conférera aux morceaux mid-tempi une touche prog que n’auraient pas renié les derniers travaux d’Opeth. Les compositions ont une touche rock très old school qui leur est donnée par le son très crunchy des guitares, mélangé à des sonorités cacophoniques et criardes (Uniquement sur les soli pour le côté criard) qui apportent un aspect plus moderne au mélange, plongeant l’atmosphère dans une humeur presque « doomeque ».

La chanteuse Ryanne Van Dorst semble en forme et envoûte plus d’un spectateur avec sa voix harmonieuse et éraillée, qui après une reprise de « Love Like Blood » de Killing Joke et le déjà culte « Oweynagat » annoncer la fin des hostilités et remercier le public présent. Une grosse heure est une fois de plus cruellement court, mais on espère les revoir jouer rapidement dans nos contrées afin d’en profiter plus !